Guillaumes, cité riche de son histoire médiévale

A 100 km de la Côte d’Azur, sur la Route des Grandes Alpes, au pied du col de la Cayolle, et au débouché amont des gorges de Daluis, Guillaumes, aux limites de la Provence et du Comté de Nice, est une grosse bourgade au riche passé.

Bien que des vestiges découverts sur le site témoignent d’une occupation préhistorique (outils en silex et squelettes d’âge néolithique) et gallo-romaine (dallage de l’ancienne voie du col de Roua et cippe funéraire romain à Saint-Brès), le village a été fondé au Xe siècle par Guillaume II, comte de Provence qui guerroyait dans la région contre les sarrazins.

Le sanctuaire Notre-Dame-du-Buyeï :

Cet ancien prieuré bénédictin, dépendant de Saint Eusèbe d’Apt, est lié à l’implantation du christianisme dans l’empire romain. Cet édifice, plus vaste que l’église paroissiale, est situé loin de la ville et de ses anciennes fortifications.
C’est un lieu de pèlerinage, notamment lors de la fête patronale du 15 août et pour la Saint Jean-Baptiste.

Au plan architectural, l’église présente un chœur étroit et surélevé.
La première mention attestée de Notre-Dame du Buyeï remonte à 1154, en même temps que les églises de Daluis, Saint-Martin et Entraunes.  Le prieuré  figure parmi les biens saisi à l’ordre des templiers. Buyeï fut fortifié et remanié au XVII siècle. On trouve dans cet édifice un ex-voto classé représentant l’incendie de la ville dans la nuit du 22 août 1682: il s’agit de plus grand ex-voto des Alpes-Maritimes.

Joan_I_of_Naples_(head)L’histoire médiévale de la cité :

Dans la première moitié du XIVe siècle, la Reine Jeanne, comtesse de Provence et reine de Naples, confirme les franchises de Guillaumes et accorde à la cité le privilège d’intégrer ses armoiries (rouge et or) dans celles de la communauté après qu’une délégation de Guillaumois se soit rendue de Naples pour la rencontrer.

En 1388, Guillaumes, resté fidèle à la famille d’Anjou, demeure en terre provençale ; sa destinée se sépare alors de celle du futur Comté de Nice, incluant le val d’Entraunes voisin, qui passe sous la souveraineté de la Maison de Savoie. Guillaumes devenu chef-lieu de baillage puis de viguerie, administre un territoire allant jusqu’à Saint-Paul de Vence.

Le vieux château, est reconstruit en Le_Roi_René1450 par le roi René, seigneur puis comte de Guise (1417-1425), duc de Bar (1430-1480) de fait dès 1420, duc de Lorraine (1431-1453), duc d’Anjou (1434-1480), comte de Provence et de Forcalquier (1434-1480), comte de Piémont, comte de Barcelone, roi de Naples (1435-1442), roi titulaire de Jérusalem (1435-1480), roi titulaire de Sicile (1434-1480) et d’Aragon (1466-1480), marquis de Pont-à-Mousson (1480), ainsi que pair de France et fondateur de l’Ordre du Croissant, 

Vauban, qui a déjà séjourné à Guillaumes en 1682 et 1692, dresse entre septembre et plan forteresse guillaumes paoctobre 1700, les plans de nouvelles fortifications. Les travaux se poursuivent jusqu’en 1706 sous la direction des ingénieurs militaires Hercule Langrume et Jacques Laurent. Ils réalisent plusieurs aménagements dont : un magasin à poudre abrité, un nouveau corps de logis, des galeries de logements, des casemates, des rampes d’accès, des portes et des pont-levis, des bastillons et une terrasse d’artillerie…et pour conclure une nouvelle enceinte autour de la ville.
Cette forteresse qualifiée d’imprenable en 1734 et néanmoins démantelée en 1760.
Par le traité de Turin, en 1760, Guillaumes est cédé par Louis XV au Royaume de Sardaigne. Le château est démantelé. C’est seulement en l’an 1860 que le village redeviendra français… en même temps d’ailleurs que Nice et la Savoie. Guillaumes devient alors la capitale de la “France rustique” dans le comté de Nice.