La faune animale sur le territoire communal

Des espèces emblématiques et prestigieuses aux endémiques méconnues, la faune de Guillaumes est d’une diversité rare.

Les différents programmes d’inventaires d’études ou de suivis réalisés au fil des ans par des naturalistes professionnels ou par de simples passionnés de la nature ont en effet permis de mettre en exergue une richesse faunistique particulièrement remarquable.

Jugez plutôt :

Pas moins de cinq espèces d’ongulés y sont visibles avec des chamois, chevreuils et sangliers. Omniprésents, des cerfs en nombre notamment à Barels et au Lavigné, des bouquetins aux sources de la Barlattette.

Les rapaces y trouvent également leur compte avec le circaète Jean-le-Blanc, croqueur de reptiles et le faucon pèlerin, champion du piqué à très haute vitesse. Un couple d’aigles royaux niche même juste au-dessus du village ! Le vautour fauve et le gypaète barbu complètent cet inventaire de leur envergure impressionnante.

Les chiroptères (dénomination scientifique des chauve-souris) semblent particulièrement se plaire dans la vallée et ont justifié à eux seuls la création de sites Natura 2000. On peut citer le petit rhinolophe qui utilise le bâti humain pour sa reproduction (granges, maisons inoccupées, chapelles comme celle de Notre-Dame du Buyei) et se réfugie dans les grottes et cavités souterraines pour hiberner. Enfin le monde discret des insectes, bien qu’encore largement méconnu, n’est pas en reste avec notamment une étonnante diversité de papillons.

La variété des conditions climatiques, biogéographiques et dans une certaine mesure les actions humaines sont à l’origine de cette richesse.

Le territoire de la commune de Guillaumes est situé au carrefour de différentes influences climatiques : si l’ambiance méditerranéenne provençale est prégnante au débouché des gorges de Daluis, ce sont les rigueurs alpines qui se font sentir vers les plus hauts sommets. De plus les variations de pente, de nature des sols, d’humidité, d’exposition au soleil et l’amplitude altitudinale, qui atteint près de 2000 m, fournissent une palette de conditions variées.

Chaque variation de conditions écologiques générant une mosaïque de milieux naturels propice à la biodiversité, il en résulte un grand nombre d’espèces animales.

Par ailleurs Guillaumes est un lieu de rencontres improbables.

Rendez-vous compte : des espèces animales originaires des bords de la Méditerranée peuvent côtoyer celles du… grand nord !

La faune aux accents méridionaux est bien représentée sur la partie sud de la commune. Le hibou petit-duc laisse entendre son chant nocturne près du village et des hameaux.

p 8 Monticole bleu_PNMCelui du superbe monticole bleu résonne dans les gorges de Daluis.

 

Le lézard ocellé, le plus grand lézard d’Europe, p 8 Lézard ocell+®_JP.Malafosse_PNMprofite des versants bien exposés de ces mêmes gorges. La genette, petit mammifère nocturne, peut être observé furtivement dans les zones de basses altitudes alors que la proserpine, splendide papillon, ne se trouve que dans les pentes les mieux exposées. Enfin qui n’a pas entendue la cigale grise chanter dans les arbres dominant les rives du Var ?

Cette faune « frileuse » laisse place dans les versants nord ou aux altitude plus élevées à des espèces n’ayant pas froid aux yeux. La sibérienne chouette de Tengmalm profite des loges du pic noir dans la forêt de la Palud. Le tétras-lyre parade chaque printemps à la Colombière, le lièvre variable et le lagopède alpin, véritables reliques glaciaires cherchent la fraîcheur des plus haut sommets sur Peyre de Vic alors que l’apollon, magnifique papillon dont le nom n’est pas usurpé, se laisse admirer sur les zones alpines.

Et ce n’est pas tout car Guillaumes, avec quelques espèces endémiques, recèle des trésors uniques au monde.

p 8 Sp+®lerp+¿s de Strinati_M.Ancely_PNMOn a ainsi recensé la présence très localisée du Spélerpès de Strinati, sorte de salamandre ne trouvant refuge que dans les Alpes du sud franco-italiennes et de 2 espèces d’escargots connues uniquement des gorges de Daluis et du Cians : les maillots et marbrées des pélites !

La liste des espèce présentes est bien sûr bien plus longue mais cet échantillon se veut en être un avant goût révélateur.

Guillaumes ne peut donc que s’enorgueillir de ce patrimoine faunistique remarquable. Cette richesse naturelle étant fragile, il est de la responsabilité de la commune et de chacun de la préserver. Elle y est aidé en cela par le Parc national du Mercantour, la Réserve naturelle régionale des Gorges de Daluis et les gestionnaires des sites Natura 2000 qui concourent, conjointement et de façon complémentaire à la préservation de ce patrimoine hors du commun.