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La légende du pont de la mariée

La légende du pont de la mariée

« Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré » Saint Exupéry

AU « PAYS DES ROCHES ROUGES » : LE PONT DE LA MARIEE

Les abyssales gorges de Daluis, taillées dans les roches rouges, constituent un site touristique réputé encore hanté par une dramatique histoire vraie.

A la sortie des gorges, en remontant la vallée du Var, surplombant le précipice, une croix noire plantée dans les schistes rouge sang, immortalise un tragique événement. Que s’est-il passé le 30 juillet 1927 ?

Ce jour-là à Guillaumes arrive sur la place une superbe voiture tramway voeu 2009américaine. Les voitures sont plutôt rares et ne passent pas inaperçues. Un couple descend du véhicule, ils ont retenu une chambre à l ‘hôtel. Les indiscrétions dans le village vont bon train. Il ne s’agit ni d’un prince ni d’une princesse mais d’un couple en voyage de noce des « gens très riches » au pourboire facile, gage de considération.

Une enquête nous a permis de connaître le nom du marié : Bernard Baillet, sans profession, domicilié au Vésinet (Seine et Oise), son épouse, une jeune parisienne, Marie-Louise PION, née le 5 février 1905 alors âgée de 22 ans.

A 21 heures ce soir-là, le couple déclare à l’hôtelier qu’il désire visiter les gorges.

La puissante limousine balaye la route de ses phares. La voiture s’arrête à l’entrée des gorges, devant le pont qui enjambe le Var reliant les deux routes. Sa hauteur de 80 mètres en fait le point le plus vertigineux des gorges.

A 22 heures, la grosse voiture revint à toute vitesse au village, un homme affolé en sort en déclarant que son épouse, trompée par l’obscurité, a sauté le pont.

Les secours s’organisent immédiatement sous la conduite du brigadier chef Olivesi. A la lumière blafarde des fanaux, on fouille les gorges, mais à minuit par sécurité les recherches 20160629_140225sont abandonnées.

Tout reprend le lendemain à l’aube. Au jour naissant, 80 mètres plus bas, dans les remous du Var, le corps de la jeune mariée est repéré.

Aucun témoin à ce drame, si ce n’est un rayon de lune. L’enquête, se référant au dire du mari, conclut à l’accident. Pourtant on chuchote. On trouve dans l’attitude du mari des bizarreries qui ne sont peut-être au fond que le reflet du chagrin.

Mais quand même, pourquoi une craintive femme se serait approchée du seul endroit où le garde-fou est inexistant. On s’étonne que son époux ne fut point à ses côtés durant cette promenade, prêt à la rattraper immédiatement dans le cas d’un faux pas. Bien d’autres points surprennent !

Seuls, la nature, Dieu et les deux protagonistes, étaient témoins. La mariée a emporté son secret dans le gouffre des gorges, si secret il y a.

Sur les registres de l’état civil de Guillaumes, l’enregistrement de ce décès fût fait sur la déclaration du menuisier du village.

IMG_8951Ce drame servit la cause du tourisme naissant. Le pont du tramway fut renommé « le pont de la Mariée ».

Donc pas de légende de jeune femme venue se suicider le soir de son mariage, faute de pouvoir épouser celui qu’elle aimait. Pas davantage de légende de seigneur et princesse. A la base de tout cela un drame banal, un accident stupide, après tant d’années acceptons simplement la version officielle.

Aujourd’hui, si certains assurent avoir aperçu la blanche silhouette fantomatique de la mariée déambuler sur le pont les nuits de pleine lune, d’autres plus audacieux s’élancent dans le vide, du haut du pont, accrochés à un élastique comme un défi au tragique souvenir de la malheureuse mariée.

 Extrait des « Contes et Légendes du Pays d’Azur » Edmond Rossi (Éditions Sutton),

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