Sanctuaire Notre dame de Buyei

Ce site est lié à l’implantation du christianisme dans l’empire romain.
Il s’agit d’un prieuré bénédictin appartenant à l’Abbaye de sainte Eusèbe d’Apt, puis à saint Gilles (Nîmes).

Cette église intéressante, présente certaines spécificités ou anomalies :
C’est un grand édifice, plus vaste que l’église paroissiale.
Elle est située hors agglomération, loin de la ville et de ses anciennes fortifications.
Elle porte la titulature, Notre-Dame de l’Assomption, qui est habituellement celle d’une église majeure ancienne : paroissiale souvent et, dans nos régions nissardo-provençales cathédrales toujours, comme c’est précisément le cas du siège de l’ex-évêché de Glandèves-Entrevaux dont elle relevait.
C’est dans ses murs qu’étaient chantés les  » Te Deum  » lors des victoires françaises (Guillaumes restée provençale en 1388, puis française, ne passe au royaume de Piémont-Sardaigne qu’en 1760) et c’est là qu’on dépose traditionnellement les ex-votos communautaires ou individuels.
C’est un lieu de romérage qui attirait des pèlerins bien au-delà des limites de la commune de Guillaumes, déjà avant 1760 et donc on y venait des contrées savoyardes voisines en franchissant une frontière.
Enfin au plan architectural, l’église présente un chœur étroit et surélevé (la nef est en pente légèrement ascendante vers le chevet) tout à fait inhabituel dans une construction de la seconde moitié du XVIIème siècle.
La première mention attestée de Notre Dame du Buyeï remonte à 1154 en même temps que les églises de Daluis, St Martin et Entraunes, mais pas celle de Guillaumes.

Buyeï fut fortifié et remanié au XVIIème siècle. On trouve dans cet édifice un ex-voto classé par les Beaux-Arts, qui est le plus grand ex-voto des Alpes-Maritimes et qui représente le village de Guillaumes lorsqu’il fut la proie du feu dans la nuit du 22 août 1682, ainsi que des éléments de la ville à ce jour disparus. Il constitue une page d’histoire de la communauté Guillaumoise.

ex-votoEx-voto de Notre Dame de Buyeï
Un autre tableau au fond de l’église représente la déploration du Christ mort, réalisé par Jean-Julien Gentyl, peintre établi à Grasse. Il réalisa ce tableau en 1778 pour le maître-autel de la chapelle des Pénitents blancs d’après la copie d’une œuvre prestigieuse de la peinture baroque, une œuvre d’Annibal Carrache appelée  » le Christ aux trois Maries ». Provenant aussi de la chapelle des Pénitents blancs, les dossiers des salles que l’on voit de part et d’autre où prenaient place les confrères, sont en bois peint ; est également déposé le tableau des membres de la confrérie regroupant 102 membres dont 62 femmes et 40 hommes.

Le Sanctuaire de Notre Dame de Buyeï
Les Roberts formaient une paroisse indépendante avec son propre curé jusqu’au XVIIIème siècle, date à laquelle son territoire fut englobé dans celui de Guillaumes. Le tableau classé, du 22 août 1682, fut confié à Jean Ardisson, suite au vœu fait par le consul. Le sanctuaire renferme plusieurs œuvres, notamment la toile du maître-autel qui représente l’Assomption (Notre Dame). Cette toile a été réalisée par le peintre Jean André dit  » de Castellane  » en 1664, toile caractéristique de cette époque.